Thomas est arrivé en consultation avec cinq ans d'otites. Pas cinq épisodes : cinq années où les otites étaient une certitude, pratiquement une par trimestre. Dans les intervalles, la gorge. Chaque fois qu'il prenait froid, cela descendait. La mère décrivait un enfant qui était toujours en train de récupérer de quelque chose, jamais véritablement bien.
L'alimentation était la deuxième carte. Il mangeait douze aliments. Pas par un choix récent : depuis l'âge de dix-huit mois. Pâtes simples, poulet, pain, fruits épluchés. Toute texture nouvelle était une bataille. La famille avait tenté des transitions progressives, mais le territoire était très étroit.
La mère a apporté des analyses récentes. Il y avait des signes clairs dans le profil intestinal : un microbiote appauvri, des marqueurs d'inflammation de bas grade, une ferritine à la limite inférieure. Ce n'étaient pas des chiffres d'alarme. C'étaient des chiffres qui racontaient une histoire.
Nous étions à six semaines de travail dans la phase Corriger quand nous nous sommes reparlé. L'intestin se réorganisait. Les analyses suivantes allaient être faites bientôt. La mère a dit qu'il avait mangé des petits pois pour la première fois. Pas tout seul, avec la famille, à table. Une petite chose qui, pour elle, était énorme.